She keeps Moet and Chandon in her pretty cabinet 'Let them eat cake' she says Just like Marie-Antoinette !

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Tout est provisoire.
L'amour.
L'art.
La planète terre.
Vous.
Moi...

Surtout moi.


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# Posté le vendredi 30 octobre 2009 15:31

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 16:35

"Votre pied a exactement la même longueur que votre avant bras, du coude au poignet." "3 personnes par an meurent en testant une pile de 9V sur leur langue."

"Votre pied a exactement la même longueur que votre avant bras, du coude au poignet." "3 personnes par an meurent en testant une pile de 9V sur leur langue."
On se tut.
Le silence tomba comme un voile, un souffle qui éteint une flamme, une bise qui balaie le brasier de leur agitation.

On attendait.

De tout côté, chaque regard était dirigé vers celui qui les avait tous fait taire en se levant seulement. Ces hommes n'étaient plus les mêmes, cette assemblée était métamorphosée, figée comme une fresque antique. A l'instant d'une agressivité violente, aboyant comme des chiens enragés, on les voyait attentifs et presque fascinés, accrochés aux lèvres du seul qui se taisait toujours.
Il y avait de l'espoir dans cette attente et de la crainte dans ces moments suspendus. Il lui fallait être grand, plus grand que ces opposants qui voulaient sa perte, il se devait d'être géant, au-dessus de ces monstres hideux pour les écraser.

Nul le connaissait alors le vers qui serait le sien dans cette lutte de titans.

Les plus confiants s'interrogeaient, d'autres s'appliquaient à afficher leur impatience et leur agacement. Mais même de ceux-là, pas un seul ne se fut permis de rompre le silence. Il y avait de la crainte respectueuse dans ces airs ennuyés.

Et les murs épais pesaient autour des bancs, la pièce se refermait, les écrasant sous ce marbre imposant, sous chaque seconde qui leur était éternité. Et lui, seul, se taisait toujours, fixant sur la chair ces monstres assoiffés de pouvoir, ces vampires répugnants qui rêvaient du banquet de son cadavre.

Et il les fixait sans que son visage n'exprime autre chose qu'une profonde incompréhension, un enfant qui s'interroge sur une réalité qui lui échappe. Et que fait l'enfant alors ? L'ange ébahit écrase-t-il indifféremment l'objet de son questionnement ? Absolument pas ; l'enfant s'ouvre à cette étrangeté, et béni, lui offre son plus beau sourire.

C'est ce qu'il fit.


On attendait sa meilleure répartie, une puissante offensive et il s'exécuta. Les coins de ses lèvres se relevèrent, ses yeux pétillèrent à l'unisson et il leur sourit en rayonnant. Et l'attente se fit étonnement, pas un qui ne fut déstabilisé. Ils étaient tous à le fixer, à s'éblouir du halo de lumière qui l'enveloppait, il souriait simplement et ils tombèrent tous sous cette arme insoupçonnée. Personne ne sut quoi répondre, tous les hommes de l'assemblée étaient pétrifiés. Incapable de parler ou de se dresser contre cet être étrange qui les tétanisaient.

Certains plus tard dire de lui qu'il était lâche et incapable, sans qu'aucun n'ait pu se défaire de la frayeur qu'il avait provoquée chez eux.
Il lui avait fallu être monstre, titan au-dessus de ces géants pour les écraser sous son pas. Plutôt que cela, il avait choisi de se faire dieu. Et jamais aucune victoire ne fut plus belle.

Certains plus tard dire de lui qu'il était faible et benêt. Mais de ceux-là pas n'avait tremblé devant le sourire lumineux de cet enfant-dieu.

# Posté le samedi 17 octobre 2009 13:29

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 12:13

La naissance du papillon

La naissance du papillon
Je passais des nuits à noircir des partitions qu'éclairait à peine la flamme de mes chandelles. Je peaufinais la chrysalide de ce que je devinais être l'œuvre de toute une vie. Je me jetais à corps perdu dans la musique. Dans ce chantier formidable de parchemins, je voyais avec excitation le miracle de mon art se préciser.

J'y consacrais chaque seconde jusqu'aux limites de mes forces, dormant le moins possible, écrivant aussi longtemps que je pouvais combattre la fatigue. C'était à peine si je me nourrissais encore des Je ne sortais plus, les gens me croyaient fou et je l'étais, aveuglé par cette entreprise extraordinaire.
Fou, possédé par l'inspiration céleste qui guidait mes doigts. Ce n'était plus seulement moi qui écrivait ces mesures incroyables, je me savais marionnette, pantin chargé de transmettre l'harmonie absolue aux hommes de la terre.
Conscient de cette manipulation divine, j'avais cependant accès aux plus hautes cimes de mon art, lieu que peu de virtuoses ont déjà foulé.

Je me nourrissais de cette impulsion fantastique, le reste n'était qu'abstraction, ce qui avait précédé n'existait plus. Je venais au monde pour la première fois, engendré par la fièvre artistique. Plus rien, autre que ces portées que je remplissais et le merveilleux édifice qui devait en résulter. Un édifice par la musique à la gloire de l'éternité.
Je buvais à grosses gorgées cette beauté fabuleuse, suffoquant de posséder en moi tant de puissance à mesure que je disparaissais. La musique achevait de s'emparer de mon âme. J'avais alors fini d'exister tout à fait. La musique exultait et j'étais la musique.

# Posté le samedi 29 août 2009 06:32

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 14:22

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose, Elles passent en un instant comme fanent les roses. On me dit que le temps qui glisse est un salaud Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,  Elles passent en un instant comme fanent les roses.  On me dit que le temps qui glisse est un salaud  Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux

Ce que tu dis est absurde parce qu'il est absurde de croire que le soleil ne décidera jamais d'apparaitre la nuit plutôt que le jour, répondit la chat. Dans ce pays les choses bougent d'elles-même sans qu'on puisse leur soumettre aucune discipline. On ne peut jamais savoir en se réveillant s'il l'ont s'éveille vraiment ou si l'on s'endort, si la journée nouvelle n'est pas en fait la veille ou le surlendemain. Ou les deux à la fois.
On ne peut affirmer avec certitude que nous sommes toujours ce que nous sommes alors que nous pourrions être devenus exactement l'inverse, ce champignon violacé par exemple. La logique n'existe plus vraiment. Ou plutôt si, elle existe mais en évoluant constamment, si bien qu'on ne peut être certain de ce qui avait été certitude et se retrouve être la plus frappante des absurdités en un instant.

-Mais comment peut-on vivre dans un monde où rien n'est jamais stable, pas même la logique ? demanda Alice.

-C'est fort simple répondit le chat. Il te suffit d'évoluer avec les choses, de ne pas être ce que tu penses avoir été mais aussi son double et son contraire. Il faut ouvrir ton esprit aux métamorphoses du temps : qui te dit qu'alors que je te parle tu n'es pas en train de devenir moi ou moi toi ? Comment peux-tu être sûre qu'après être restée là tu n'es pas devenue ce champignon sans t'en apercevoir ?
Peut-être que pendant que nous parlions le jour -qui a pu être nuit sans qu'on le sache- est en train d'évoluer. Nous sommes peut-être de nouveau hier sans le savoir, mais hier en étant demain car le temps a probablement inversé toute notion. Il se pourrait alors que nous ne soyons pas encore en train de nous parler parce que nous sommes revenus au début de notre conversation. Je serais donc sur le point de t'expliquer que ce que tu dis est absurde parce qu'il est absurde de croire que le soleil ne décidera jamais d'apparaitre la nuit plutôt que le jour. Dans ce pays les choses bougent d'elles-même sans qu'on puisse leur soumettre aucune discipline. On ne peut jamais savoir en se réveillant s'il l'ont s'éveille vraiment ou si l'on s'endort, si la journée nouvelle n'est pas en fait la veille ou le surlendemain. Ou les deux à la fois.

- Vous êtes fou, déclara Alice.

- Vraisemblablement. Il se peut que je sois fou en effet. Sans qu'on ne puisse être sûrs que je ne sois fou qu'à travers ton regard. Il se pourrait alors que ce soit toi qui soit folle.
De plus je suis peut-être en train de devenir toi sans m'en rendre compte. Auquel cas, je deviendrais fou moi aussi. Avec la possibilité qu'être fou ne soit plus vraiment pareil mais au contraire tout l'inverse de la démence. Tu serais alors folle à nouveau de me croire fou quand la folie n'est plus ce qu'elle était mais la sagesse que tu pense posséder. Cette sagesse étant devenue la folie que tu m'attribuais.


- Je m'en vais lui dit Alice. Je vais retrouver des personnes qui pourront m'aider à rentrer chez moi. Des personnes qui auront conservé un esprit sain.

- Ça n'existe pas les esprits sains Alice. Nous sommes tous fous ici. Et cependant nous sommes aussi sages. Nous évoluons avec les choses.
Nous sommes fous et sages.
Sages et fous.
Et tu seras comme nous un jour. Parce qu'ici ça n'existe pas les esprits sains.

- Je vais rentrer chez moi et jamais je ne serai comme vous.

- Tu vois ? Tu commences à devenir folle toi aussi.
Parce que tu penses que tu rentreras chez toi.
Parce que tu crois que tu es différente. Mais c'est faux, Alice. Tu es comme nous.

Et nous sommes tous fous ici."


# Posté le samedi 22 août 2009 13:31

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:11